La question souvent se posent : que deviennent les robots de compagnie placés auprès de personnes âgées après leur décès ? Enfin, elle se pose surtout au Japon où ces petits robots à forme plutôt animale accompagnent de plus en plus de seniors.

La réponse est hélas le plus souvent : rien ! Frappée par la perte d’un proche, la famille « oublie » le robot ; par ailleurs, le lien à son propriétaire est tellement fort que l’on imagine mal le confier à un autre, du moins dans les premiers temps.

« Débranché », il tombe en léthargie. On n’envisage pas sa crémation aux côtés du défunt …

Parfois inversement, le robot meurt avant son maître : ce fut le cas de nombreux Aibos, ces chiens de compagnie développés et commercialisés par Sony, de 1999 à 2007 ; en 2014, la firme japonaise décide d’en arrêter la maintenance … et peu à peu, ces derniers tombent en panne, sans espoir de guérison.

Poubelle ? En France, sans doute, mais pas au Pays du Soleil Levant.

A Isumi – sur le côte à une centaine de kilomètres au sud de Tokyo – les prêtres du temple Kofukuji procèdent très naturellement à des rite funéraires à la mémoire de robots « décédés » : le respect dû aux défunts occupe une place centrale dans les pratiques religieuses japonaises.

Inversement, le célèbre robot Pepper – omniprésent au Japon, où il conseille notamment de ses avis éclairés les clients en magasin – vient de revêtir la robe bouddhiste pour lire des textes sacrés pendant les cérémonies de funérailles … d’humains : une façon de pallier le manque de prêtres.

La relation homme / robot semble bien plus étroite et sophistiquée que celle qui nous relie aux « machines » courantes : même très utile, un ordinateur obsolète ou cassé par à la ferraille (ou au recyclage, pour les citoyens les plus vertueux) ; mais un robot, c’est aussi un réel compagnon pour bien des seniors.

Au Japon aujourd’hui, et bientôt en Europe.

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