62 ans, parfois anticipé à 60 ans, parfois retardé pour cause de carrière à trous, le départ en retraite marque une vraie rupture dans nos vies : il y a un avant – le stress des journées à rallonge, l’angoisse des compressions de personnel, mais aussi l’épanouissement face à la tâche accomplie, le plaisir de collaborer avec des collègues dans une même direction.

Et il y a un après – et bien souvent hélas, un après soudain bien vide, parce que trop souvent, on ne s’y est pas vraiment préparé : le premier matin, on est tout heureux de ne pas voir à mettre le réveil, un semaine plus tard, on regrette de plus avoir à le faire.

Pourtant il y aurait des solutions, mais que les entreprises répugnent à mettre en œuvre : un départ progressif, une diminution régulière de la charge de travail avec le tutorat éventuel d’un plus jeune pour passer son savoir ; mais non, certaines sociétés préfèrent payer leurs employés pour qu’ils quittent leur job avant l’heure – et vite – pour les remplacer par des jeunes sans expérience et avec les quels ils n’auront aucun contact.

Bienvenue dans le 3ème âge !

Le même traumatisme se retrouve lors du passage au 4ème âge, quand le retraité commence à perdre son indépendance : il y a l’avant – il vit chez lui, avec éventuellement son conjoint, ou parfois au domicile d’un proche ; et il y a l’Ehpad …

C’est la rupture, qui pour beaucoup d’aidants signifie la mort très prochaine de la personne aidée, ce qui est horrible quand c’est aussi la personne aimée depuis de longues années ; le senior, lui, ne s’exprime pas vraiment …

Bien sûr, il y a des alternatives, tout comme il est des entreprises qui permettent à leurs salariés de sortir progressivement de la vie active ; mais elles demeurent encore trop rare.

Il y a par exemple l’Ehpad à domicile : certaines initiatives émergent çà et là, bien sûr, mais face à un phénomène de vieillissement de la société tel que nous devons y faire face aujourd’hui, sans doute les pouvoirs publics devraient-ils prendre le problème à bras le corps et considérer que la dépendance n’est pas seulement un problème financier et/ou d’infrastructure, mais avant tout un problème sociétal où l’accompagnement psychologique est primordial.

Aujourd’hui des solutions technologiques apparaissent pour faciliter la transition du 3ème au 4ème âge, il conviendrait de les aider activement pour le mieux-être des personnes dépendantes … et notre futur à tous.

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