« L’éternité, c’est long … surtout vers la fin », s’amusait Woody Allen ; et sans doute aurait-il pu ajouter : « C’est pour les riches », car si notre espérance de vie s’est considérablement accrue ces dernières années, pour flirter avec les 81 ans en France, elle stagne à 44 au Sierra Leone !

Selon une étude menée dans 188 pays et publiée dans The Lancet, si l’espérance de vie moyenne dans le monde a augmenté de 6,2 ans entre 1990 et 2013, celle en bonne santé ne s’est améliorée que de 5,4 ans : nous vivons plus longtemps  – bonne nouvelle – mais en mauvaise santé.

Même constat en France où de 2004 à 2004, l’espérance de vie en bonne santé a progressé de 61,5 ans à 63,4 ans pour les hommes, et légèrement stagné pour les femmes, à 64,2 ans : nous atteignons un âge de plus en plus avancé, certes, mais en profitons-nous réellement ?

Et dans le même temps, les Français retardent au maximum leur entrée en établissements d’hébergement pour personnes âgées : 84 ans et 5 mois, en moyenne en 2017.

Tous ces chiffres peuvent n’analyser d’un point de vue purement statistique : c’est ce que font par exemple l’Insee ou l’Ined, avec tris et corrélations et bien sûr projections à moyen et long terme.

Ils peuvent aussi se considérer sous un angle financier : de plus en plus de malades signifie un accroissement du déficit de la Sécurité Sociale, un encombrement des hôpitaux … tout cela ajouté à certains déserts médicaux.

Mais les personnes âgées ne sont pas que des numéros : l’angle psychosociologique apparaît crucial et il est clair que cet augmentation certaine d’une espérance de vie en mauvaise en santé, constitue certainement pour chacun d’entre nous dans son individualité et son intimité un drame auquel nous ne sommes pas vraiment préparés.

Le véritable enjeu de société, ce n’est pas de trouver des sous, c’est de fournir une « aide psychologique » à celles et à ceux qui se sentent glisser vers la dépendance.

Partagez